5 conseils pour réduire le bavardage en classe

La sanction est l’un de nos premiers reflexes et elle est par moment nécessaire mais avant d’en arriver là, il existe une série de petites stratégies constructives qui permettent de réduire significativement le bavardage en classe.

 

1. Intervenir rapidement

Dans un premier temps, pensez à développer votre radar à bavardage. Il est inutile d’attendre que de légers chuchotements deviennent un véritable bruit de fond avant d’intervenir. Votre radar vous permettra de repérer quel(s) élève(s) bavarde(nt) quand ce n’est pas le moment alors écoutez-le et pensez alors à interrompre immédiatement la source du papotage avant que cela ne dégénère.

 

« Lorsque j’ai commencé à enseigner, il m’arrivait de repérer deux élèves au fond de la classe, en train de bavarder pendant mon explication. Je me disais souvent « tant pis, j’ai la majorité de la classe avec moi, c’est le principal ». Ces situations finissaient toujours de la même façon : D’autres élèves se mettaient à parler jusqu’au point où je devais faire une remarque à l’ensemble de la classe. Depuis que je me suis rendu compte que le bavardage escalade toujours inévitablement et que j’ai commencé à intervenir directement, je ne me retrouve plus dans ces situations. En intervenant rapidement, j’envoie également un message clair au reste de la classe, ce qui fait qu’au fur et à mesure de l’année, la fréquence des bavardages diminue drastiquement. » – Harold, professeur de mathématiques et de sciences en secondaire

 

2. Varier le rythme

Souvenez-vous de l’époque où vous étiez vous-même élève. Être assis des heures durant à écouter quelqu’un parler n’est agréable pour personne, c’est pourquoi il est impossible d’attendre de vos élèves qu’ils se taisent pendant 50 minutes.

Demandez-vous d’abord si vos élèves discutent au sujet du cours ou si leur conversation n’a rien à voir avec votre enseignement car un élève qui parle de la pluie et du beau temps est un élève inactif. Pour pallier cela, il est important de proposer un cours intéressant, varié, qui laisse place à l’interaction et qui saura maintenir leur attention. Pour ce faire, il faut découper le cours, le rythmer, enchainer les modalités de travail de façon à ce qu’il y ait régulièrement de nouvelles activités. Ainsi, les élèves n’ont plus le temps de se déconcentrer, ils sont constamment stimulés par le cours et les petits moments leur permettant de s’exprimer sont d’autant plus appréciés.

 

« Les élèves s’habituent à la variété d’activités lors du cours et savent désormais qu’il y a un moment pour tout ; un moment pour parler, pour écrire, pour échanger avec les voisins, pour lire, pour bouger etc. Le temps passe vite et l’apprentissage est actif. »Marielle, professeure de néerlandais

3. Changer ou attribuer les places

Ici, il s’agit de jouer avec la configuration de votre classe ! N’hésitez pas à attribuer des places à vos élèves en fonction de leur personnalité, cela vous permettra de séparer les papoteurs avant qu’ils ne passent à l’action. Si vous préférez laisser vos élèves choisir leur place, c’est très bien aussi, prévoyez simplement un banc libre à vos côtés spécialement dédié à l’élève qui a le plus de mal à s’arrêter.

 

« Durant ma première année d’enseignements, j’avais une classe de 5ème comptabilité et, avec eux, le bavardage c’était non-stop. J’ai mis seul à un banc un élève qui ne voulait pas s’arrêter de parler mais, même comme ça, il trouvait des camarades à qui parler. Quand ils sont nombreux, qu’il n’y a pas assez de places en classe, qu’ils sont forts serrés et s’entendent tous bien, il faut savoir redoubler d’imagination. Je me suis donc assise dans le fond de la classe à côté de lui. Il était super mal à l’aise, il n’arrivait plus à discuter et les autres élèves étaient supers étonnés. J’envoyais plus de personnes au tableau puisque j’étais dans le fond de la classe et ça s’est super bien passé, c’était un bon moment avec mes élèves, on en a tous rigolés. »Amélie, professeure de sciences dans le secondaire qualifiant

 

 4. Circuler dans la classe

Vous avez donné un exercice à réaliser dans le calme à vos élèves ? Ne restez pas statique, déplacez-vous dans la classe ! En circulant et en vous plaçant derrière les élèves les plus à même de papoter, vous minimiserez les risques de bavardage car un élève qui sent votre présence à ses côtés est un élève silencieux.

 

« J’ai reçu pour mon anniversaire cette année une Fitbit, qui est une montre qui consiste à compter ses pas pendant la journée. Le but est d’atteindre 10 000 pas par jour. Depuis que je peux mesurer les kilomètres parcourus ou plutôt à parcourir, je marche beaucoup plus en classe. Conséquence ? Les élèves parlent moins, le rythme de mes cours a changé et moins de triche aux interrogations ! » – Margaux, professeure de français en secondaire

 

5. Attendre le silence complet

Avant de donner la moindre instruction, vous réclamez le silence ? « Normal » me direz-vous, il faut bien être entendu. On réclame le silence, oui, mais on attend surtout de l’obtenir avant de se lancer. S’il y a un fond de papotages, n’hésitez pas à vous interrompre et à attendre que le silence complet ne revienne, ne vous fatiguez pas à vous exprimer par-dessus le bruit et ne répétez pas non plus vos explications sinon Grand papoteur du troisième rang se dira « que je parle ou pas, madame répètera. » et ça ça vexera vos cordes vocales.

 

« Lorsque j’ai des explications à donner, j’ai pour habitude de me tenir près du tableau et d’attendre le silence. Dès que je l’obtiens, je commence à parler mais je n’hésite pas m’arrêter au milieu de ma phrase pour capter l’attention de ceux qui se remettent à bavarder. Je remercie ceux qui m’écoutent et j’attends d’avoir tous les regards tournés vers moi avant de reprendre. Puis, j’établi un contact visuel avec les derniers papoteurs qui finissent finalement par se taire pour de bon. » – Janne, professeure en primaire

 

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