Parole Aux Élèves – Melissa

Mélissa a aujourd’hui 20 ans, est en 6ème secondaire et est déterminée à obtenir son diplôme. En tant que dyslexique et dysorthographique, son parcours n’a pourtant pas toujours été simple et le système éducatif pas toujours adapté. Dans ses épreuves, elle n’a cependant pas été seule car elle fait partie de ces élèves qui ont eu la chance d’être encadrés par les bonnes personnes.


« Depuis petite, je me sens mal dans mes études. Je suis une fille qui aime apprendre sur le tas, je ne suis pas
du genre à rester derrière un bureau, à parler, apprendre … J’ai besoin de bouger. Je suis mal dans mes
études mais je m’accroche pour avoir un diplôme. »


Après avoir passé 4 ans dans un établissement spécialisé de Ganshoren, Mélissa a entrepris ses études
secondaires dans des écoles ordinaires. Le suivi exceptionnel de son ancienne logopède lui a apporté
beaucoup mais elle a finalement dû apprendre à se débrouiller sans aide pour la suite, du moins c’est ce
qu’elle pensait. Aujourd’hui, elle étudie la décoration d’intérieur dans un institut artistique situé à Saint-Gilles et c’est dans ce contexte qu’elle a fait la rencontre de Madame DM.


« Une fois que tu l’as, tu ne peux plus t’en passer. »


La professeure de français a pris Mélissa sous son aile de la même manière que sa logopède le faisait.
Bienveillante, pétillante, enthousiaste et maternante, l’enseignante semble entièrement dévouée à ses
élèves. Elle s’investit à fond, prend soin de chacun et s’assure que tout le monde comprenne la matière
avant de passer au chapitre suivant. C’est le genre d’enseignante qui sait motiver.


« Un matin, je ne voulais pas venir parce que je n’étais pas bien mentalement et physiquement ; j’étais malade mais finalement je suis venue. Je me suis demandé qui j’avais le matin et quand j’ai vu que c’était elle, je me suis levée. En tant que dyslexique tu n’aimes pas trop le français mais elle te le fait apprécier. Du coup, je me suis levée pour elle, juste pour 2 heures de cours. »


Pourtant, Mélissa n’aime pas toujours l’école car comme beaucoup d’étudiants, elle juge le fossé entre
professeurs et élèves trop important, un fossé qui créé une distance rigide et place l’enseignant dans une
position qui semble inatteignable.


« Il y a ce côté trop strict et trop « barrières » … Dans toutes mes écoles, à part celle où je suis maintenant,
j’ai dû faire face à de grosses barrières profs-élèves, c’est-à-dire qu’on venait ‘titiller’ ta vie mais tu ne
ne pouvais rien savoir de leur vie. »


Mélissa aurait tellement apprécié avoir davantage de proximité et d’échanges avec ses enseignants. C’est
pourquoi, pour Mélissa, l’enseignant idéal est celui qui parvient à réduire la distance qui sépare professeurs et élèves, il pose ses propres limites sans se soucier des limites traditionnelles qui correspondent à la fonction. Il est patient, à l’écoute, il conseille mais il se forme également afin de mieux comprendre et afin d’être en mesure d’apporter le cadre nécessaire à l’apprentissage des élèves à besoins spécifiques. Conseil aux profs : « Foncez, donnez votre cours comme vous le voulez, croyez en vous ne laissez ni vos collègues, ni des élèves vous juger parce que vous savez ce que vous valez. »

Mots de la fin : « Aux jeunes ; je sais que c’est dur mais c’est en s’entraidant entre nous qu’on y arrivera et qu’on surpassera tous les problèmes qu’on a. » / « Il faut s’accrocher, qu’on soit professeur ou élève, il faut s’accrocher pour accomplir de grandes choses. 

Vous avez aimé cet article? Partagez-le

Partager sur facebook
Partager sur linkedin
Partager sur whatsapp